Tribune : « Non à la guerre, non à l’OTAN »

vendredi 13 mars 2009 | 18:00 | l’Humanité

Pourquoi les forces de paix ont rendez-vous du 1er au 5 avril à Strasbourg, Kehl et Baden-Baden ? Par Reiner Braun et Arielle Denis, animateurs des collectifs allemand et français pour le contre-sommet de l’OTAN (*)

Les 3 et 4 avril prochain, l’OTAN, qui célèbre son 60e anniversaire, se réunira en sommet à Strasbourg, Kehl et Baden-Baden. À cette occasion, les forces de paix d’Allemagne et de France préparent une protestation mondiale pour dénoncer les méfaits de l’alliance militaire et promouvoir un monde pacifique et solidaire. Nos concitoyens doivent savoir ce qu’est l’OTAN et pouvoir s’exprimer dans ce débat crucial pour la paix.

L’OTAN, créée « pour contenir le communisme en Europe », a survécu à la disparition du pacte de Varsovie en élargissant ses prérogatives et sa sphère d’influence - contrairement à l’engagement qu’elle avait pris alors. Depuis, elle s’affirme comme le bras armé de la mondialisation libérale, concentrant plus de 70 % des capacités militaires du monde au travers des 26 pays membres - dont 21 pays de l’Union européenne. Mais, comme au temps de la guerre froide, l’OTAN reste un appendice du Pentagone, entièrement aux mains du commandement militaire US et des décisions du président des États-Unis.

L’OTAN est une machine de guerre dotée d’armes nucléaires, de centaines de bases militaires et qui peut mener de front deux conflits majeurs et cinq conflits de moyenne intensité. Ses troupes combattent aujourd’hui en Afghanistan, tandis que le pays s’enfonce dans la misère, la corruption et l’insécurité.

Les guerres qui causent d’immenses souffrances et qui coûtent si cher aux peuples ne sont jamais une réponse aux crises. Pourtant, tandis que le monde doit faire face à une crise systémique, nous sommes inquiets de la tentation que constitue l’outil militaire OTAN pour assouvir les appétits des grandes puissances et régner sur le monde en promouvant la « guerre des civilisations ». « Sécurisation des approvisionnements énergétiques », « lutte contre l’immigration illégale » s’ajoutent aujourd’hui à la longue liste des casus belli pour lesquels l’OTAN et son arsenal nucléaire sont mobilisables.

Nous voulons que l’Union européenne joue un rôle actif pour la résolution pacifique des conflits, pour le désarmement et la réduction des dépenses militaires, qu’elle développe de nouvelles coopérations avec le Sud sur une base d’égalité. C’est pourquoi nous sommes opposés à l’ancrage structurel de la défense européenne dans l’OTAN contenu dans le traité de Lisbonne et que promeuvent madame Merkel et monsieur Sarkozy, qui sont « convaincus que la construction européenne et le partenariat atlantique sont les deux faces d’une même politique de sécurité », comme ils l’ont rappelé le 7 février dernier à Munich.

Dans le même sens, nous déplorons le retour de la France dans le commandement militaire de l’OTAN, qui est un mauvais signal pour le monde, celui du renforcement d’un camp au détriment du multilatéralisme et de la paix.

Malgré le fait que les autorités françaises aient mis Strasbourg en état de siège et posent des entraves inadmissibles à la liberté d’expression et de circulation, du 1er au 5 avril prochain les forces de paix de tous les pays viendront à Strasbourg, à Kehl et à Baden-Baden « pour protester contre les politiques nucléaires et agressives de l’OTAN et affirmer leur attachement à construire un monde plus juste et plus pacifique ».

Un village autogéré avec de nombreuses activités, une conférence internationale les 3 et 5 avril avec des ateliers sont organisés. Le 4 avril à 13 heures une grande manifestation partira du pont de Kehl d’où viendront les cortèges d’Allemagne pour dire aux chefs d’État de l’OTAN « 60 années, c’est plus qu’assez ! »

(1) www.no-to-nato.org et www.otan-non.org.