Thierry Lepaon : « Négocier maintenant avec les cheminots »

jeudi 12 juin 2014 | 16:26 | Alain Peter

En visite dans le Haut-Rhin le jeudi 12 juin, le secrétaire général de la CGT a exigé du gouvernement l’ouverture de négociations sérieuses avec les grévistes et réaffirmé son opposition à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.

« La CGT ira au rapport de force en cas de fermeture de Fessenheim, c’est clair. » C’est par cette mise au point devant une vingtaine de salariés que Thierry Lepaon a commencé jeudi matin une visite dans le Haut-Rhin, le jeudi 12 juin. Annoncée par François Hollande alors qu’il était candidat à l’élection présidentielle en 2012, la fermeture de la plus ancienne des centrales nucléaires françaises pèse comme une épée de Damoclès sur l’esprit des quelque 800 salariés de l’usine. A rebours de ce fatalisme, Thierry Lepaon a réaffirmé que seule l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) est habilitée à décider de la fermeture de la centrale, or elle n’a pas émis d’avis négatif sur la sécurité de Fessenheim. « Fermer Fessenheim serait un gâchis humain et économique », a martelé le secrétaire général. La date de la visite du patron de la CGT à Fessenheim intervient au moment où la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal prépare la loi sur la transition énergétique. Thierry Lepaon se réjouit que la fermeture de Fessenheim ne semble plus envisagée dans le cadre de cette loi.

Le temps de saluer les gardiens de la prison de Mulhouse qui se sont mis en grève jeudi matin pour leurs conditions de travail, Thierry Lepaon a rejoint les 150 personnes qui l’attendaient pour un meeting dans la capitale du Haut-Rhin. Une délégation de cheminots les a rejoints à l’issue d’une assemblée générale qui a reconduit la grève pour 24h. C’est le premier meeting d’une série en faveur de l’industrie et pour « redonner confiance aux salariés ». Alstom, BASF, Peugeot, etc. : le sud de l’Alsace et le Territoire de Belfort comptent de nombreuses entreprises stratégiques et illustrent le recul de l’industrie dans la création de richesses en France. Face à cette tendance, la CGT veut favoriser « une irruption unitaire des salariés sur le terrain social » et contester le discours sur le coût du travail. Thierry Lepaon veut mettre en lumière « le coût du capital alors que le pays n’arrive pas à sortir de la crise malgré la politique d’austérité ».

Le secrétaire général de la CGT en a profité pour soutenir la grève des cheminots. « L’Etat fait encore semblant de ne pas comprendre qu’il est temps de négocier, a-t-il regretté. Il doit se rendre compte qu’il a en face de lui des partenaires sociaux crédibles qui font des propositions négociables de longue date ». Menaçant d’un conflit long car « la détermination des cheminots est forte », il a invité le gouvernement « à ne pas reporter à plus tard des décisions à prendre maintenant ». Et le fait qu’il y ait une direction de la SNCF « ne dédouane pas le gouvernement de ses responsabilités : il doit négocier ».

Quant à la crise des intermittents du spectacle, Thierry Lepaon constate que « pour la première fois dans notre pays on considère que les métiers de la culture ne sont pas essentiels ». Cela conduit au « sacrifice des festivals » alors qu’il ne manque « que 300 millions d’euros » pour financer le régime des intermittents.