Poussée de fièvre à l’hôpital de Strasbourg

mercredi 7 janvier 2009 | 16:22 | Alain Peter

Alors que Nicolas Sarkozy doit inaugurer vendredi le centre hospitalier, les syndicats appellent à la grève.

Attendu vendredi à Strasbourg pour présenter ses voeux aux personnels de santé, la visite de Nicolas Sarkozy promet de faire monter un peu plus la fièvre des personnels de l’hôpital civil de la capitale alsacienne. Le président de la République, qui doit inaugurer le nouvel hôpital civil (NHC) dans la matinée, sera accueilli par des grévistes excédés par la dégradation de leurs conditions de travail. La CGT appelle à la grève reconductible dès le jeudi 8 janvier. Elle est rejointe par les autres syndicats (CFDT, CFTC, FO, SUD santé et UNSA) pour la journée du 9 janvier. « Nous voulons présenter à M. Sarkozy le vrai malade : l’hôpital public », annonce le tract intersyndical qui dénonce l’obligation de « rentabilité » des établissements de la santé.

Comme tous les hôpitaux publics, celui de Strasbourg est en déficit chronique alors que la loi le contraint à l’équilibre financier. En 2008, le montant du déficit est d’environ 30 millions d’euros sur un budget de près de 650 millions. Le trou sera compensé par des réductions de personnels, craignent les syndicats. « La direction annonce des mesures sévères pour 2009 ; nous craignons qu’elles soient sanglantes pour l’emploi », affirme Michel Lacher, délégué CGT au comité technique d’établissement. Selon lui, « nous sommes arrivés au bout des marges de manoeuvre internes, désormais les économies passeront par des suppressions d’emplois. »

À Strasbourg, l’ouverture au printemps dernier du nouvel hôpital civil, dans lequel de nombreux services ont été regroupés, a permis des gains de productivité. Mais en même temps, le rythme de travail des personnels s’est accéléré et le nouvel équipement connaît encore des ratés. Par manque d’effectifs, les tensions s’accentuent dans l’organisation du travail. Par exemple, « durant les fêtes, des lits ont été fermés car il n’y avait plus d’infirmiers, soutient Michel Lacher. En toute illégalité, l’hôpital place en astreinte, sans les payer, des personnels qui sont en congé. » Autre motif de grogne des personnels : les heures supplémentaires ne sont ni récupérées ni payées puisqu’il n’y a plus d’argent.

S’il est peu probable que Nicolas Sarkozy annonce une augmentation du budget de la santé, il profitera de son passage à Strasbourg pour vanter le projet de loi « Hôpital, patients, santé, territoires » qui doit être discuté par le Parlement à la fin de janvier. Celui-ci prévoit d’organiser les soins « par un pilotage régional unifié ». Une façon de placer à égalité les services publics et privés alors que les contraintes du premier sont plus lourdes que celles du second.