Les inspecteurs du travail veulent les 35 heures

jeudi 28 mars 2002 | 17:57 | Alain Peter

A Strasbourg, l’accord sur la RTT signé à la direction départementale et régionale du travail a été effacé par le ministère. Au grand dam des intéressés.

Un dialogue social au point mort, des syndicats qui comptent le temps de travail à la place de la direction : en Alsace, les inspections départementale et régionale du travail donnent le mauvais exemple dans l’application de la réduction du temps de travail. · l’origine de cette situation : la dénonciation par les directions d’un accord signé le 23 janvier dernier (l’Humanité des 22 et 25 janvier 2002). Conclu après deux jours de grève, cet accord prévoyait le maintien de 7,5 journées de congés que la direction voulait supprimer à l’occasion de l’entrée en vigueur de la RTT.

Cet accord a été rejeté par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité au titre qu’il ne respecte pas le cadre national d’application de la RTT, à savoir la directive Sapin. Désavoués, les directeurs locaux ont informé, début février, leurs employés que l’accord conclu ne valait plus rien. Ces derniers ont l’impression d’avoir été floué. « Pourquoi nos directions ont-elles signé l’accord, mais ne l’appliquent pas ? demande Alain Harster, délégué CGT. La signature de l’inspection du travail fait autorité dans les conflits du privé, mais elle n’aurait aucune valeur en interne ? »

Daniel Fierobe, directeur départemental, proteste de sa bonne foi. « J’ai négocié sincèrement avec les syndicats », se défend-il. Et il renvoie la balle au ministère : « Il lui appartient de veiller à l’application de la RTT dans le respect de la règle nationale ou bien de renégocier le tout. »

En attendant, une guerre des nerfs s’est installée entre directions et employés. Ces deniers continuent de travailler « pour ne pas gêner les usagers », mais ils ont tapissé les murs et fenêtres de dazibaos : « Pas de RTT au rabais », « RTT : le mauvais exemple de la DDTE », etc.