Journée d’intimidation

jeudi 2 avril 2009 | 19:58 | Joséphine de Boisséson

Premier jour de manifestation contre l’organisation atlantiste et tentatives d’intimidations policières des deux côtés de la frontière.

12 heures, mercredi, des manifestants bloquent pendant près de quatre heures le pont de Kehl reliant Strasbourg à l’Allemagne pour protester contre les privations de liberté de circulation, et contre le blocage, côté allemand, du camion-cuisine du village. Face à eux, un dispositif impressionnant d’une cinquantaine de policiersantiémeute allemands. Selon la legal team, « le refus d’entrer sur le territoire (pour les cantiniers) a été stipulé pour appartenance à un groupe extrémiste allemand (black block) et pour avoir en leur possession des documents à distribuer en manifestation contenant des modalités d’actions » (le pense-bête juridique). Finalement, les manifestants rejoignent la manifestation des clowns du Cirquesécuritaire en centre-ville (300 personnes environ), bien encadrés par les policiers, jusqu’à la salle autogérée du Molodoï, deuxième centre névralgique du sommet anti-OTAN, dans le quartier de la gare. Le camion de ravitaillement, lui, reste, pour l’instant, bloqué à la frontière allemande.

16 heures, le tribunal administratif de Strasbourg, saisi mardi dernier, rejette les six référés libertés contestant les mesures de sécurité liées au sommet de l’OTAN. Parmi ces mesures : le fichage des 40000 « badgés » résidant ou travaillant dans les zones de sécurité rouge et orange à Strasbourg, l’installation de nouvelles caméras de vidéosurveillance, les périmètres des zones de sécurité et l’intervention des policiers pour l’accrochage de drapeaux arc-en-ciel anti-OTAN aux balcons ces dernières semaines. Le juge des référés, Pascal Kintz, motive la décision du tribunal en précisant que « la réunion de nombreux chefs d’État de l’OTAN est susceptible d’engendrer des troubles graves (…) que des messages appelant à la manifestation et à la désobéissance civile ont circulé » et qu’ « il est légitime et indispensable que des mesures de sécurité à l’échelle des menaces soient prises ».