Samedi 4 avril : le fil des événements

lundi 6 avril 2009 | 09:50 | l’Humanité

MANIFESTANTS PRIS AU PIEGE

19h : les manifestants, sous l’œil de CRS bien plus nombreux qu’eux, quittent les lieux. La population ne peut rentrer chez elle et s’interroge : "comment, avec un tel déploiement de forces de l’ordre, des casseurs ont-ils pu pénétrer la manifestation ?"

18h : côté Strasbourg, des manifestants improvisent un seeting devant les CRS qui empêchent d’accéder au Jardin des deux rives.

17h50 : une groupe de manifestants déguisés en clown s’approche d’un groupe de CRS. Bien qu’ils restent à plus de 20 mètres, les CRS leur envoie une volée de gaz.

17h30 : arrivés à hauteur du pont d’Anvers, les manifestants qui ont remonté la rue du Port-du-Rhin sont bloqués par des CRS appuyés par des canons à eau. Ils doivent reprendre la route du Petit-Rhin et rejoindre le Jardin des deux rives.

17h15 : réfugiés dans la rue du Bassin de l’industrie, un petit groupe de manifestants est poursuivie par des CRS.

17h : pour tous ceux qui ont quitté la manifestation, et qui veulent rejoindre le centre-ville, des barrages de CRS sont dressés face à eux. Seul un « check-point » leur permet de rentrer, au croisement de la rue du Havre et de la rue de Nantes.

17h : rue du Port-du-Rhin, les CRS cueillent des suspects parmi les manifestants qui sortent du goulot d’étranglement. Fouilles au corps et des sacs. Les personnes interpellés sont rapidement libérées. Chaque interpellation sème la terreur parmi les manifestants qui refluent.

16h52 : cachés au croisement de la rue du Port-du-Rhin et de la rue de la Minoterie, un petit groupe d’extrémistes attaque les CRS à coups de pierres. Ces derniers ripostent par les gaz. Scène de panique chez les manifestants pris entre deux feux.

16h45 : rue du Port-du-Rhin, les CRS ouvrent un passage par lequel s’engouffre des manifestants. Beaucoup passent mains levées, en état de choc.

16h40 : rue du Port-du-Rhin, un manifestant s’approche du cordon de CRS et négocie avec l’officier responsable le passage des manifestants pacifiques

16h30 : des manifestants érigent une barricade de palettes dans la rue du Port-du-Rhin.

16h15 : les CRS avancent dans la rue du Port-du-Rhin et rétrécissent l’espace laissé aux manifestants. Echange de tirs et début de panique parmi les manifestants.

16h : le groupe de manifestants dans la rue du Port-du-Rhin est bloqué par deux barrages : l’un près de l’hôtel Ibis toujours en feu, l’autre à mi-chemin dans la rue Port-du-Rhin. Plusieurs milliers de manifestants se retrouvent piégés.

16h : la manifestation continue, mais, à force de barrage des forces de l’ordre, le cortège semble se réduire.

15h30 : bloqués au pont d’Anvers et au Pont Vauban (gaz et canons à eau), une partie des manifestants retourne en direction du Jardin des Deux-Rives par la rue du Port-du-Rhin. Une autre partie des manifestants se dirigent vers la rue du Havre et passe le contrôle policier du pont de chemin de fer de la Musau.

DEPART DE LA MANIFESTATION DANS LES FLAMMES ET LES LACRIMOS

15h:15 Francis Wurtz, députe européen (PCF) déclare : "Je trouve que c’est scandaleux, de la part des autorités, d’avoir tout fait pour torpiller la manifestation. Ils ont tout fait pour empêcher les pacifistes d’exprimer leur opinion. Ils ont été jusqu’à faire circuler des hélicoptères à basse altitude au-dessus du regroupement, gênant la prise de parole des intervenants".

15h : les manifestants sont presque tous sortis du terrain Dessaix. Une qn convoi de police coupe la manifestation à hauteur du pont ferroviaire. Il est caillassé par des manifestants. Les CRS rangés devant l’hôtel Ibis tirent des gaz en direction de la manifestation pour aider le convoi de police à se dégager.

14h45 : les organisateurs demandent à la manifestation de démarrer. Malgré les tensions évidentes et les inquiétudes palpables dans les rangs, les manifestants défilent dignement.

14h30 : la fraction violente des manifestants s’est regroupée face au aux CRS. Gaz lacrymogènes contre feux d’artifice et pierres. L’hôtel Ibis, l’Office du tourisme et la pharmacie sont en flammes. Le meeting se prolonge dans une ambiance bon enfant, mais les organisateurs sont inquiets des altercations qui ont lieu sur le pont de l’Europe et de la tournure que prennent les événements. D’épaisses fumées noires sont visibles du jardin des Deux Rives. Des gaz lacrymonèges parviennent sur le lieu de rassemblement.

14h15 : une compagnie de CRS, venue de la rue du Port-du-Rhin et la rue Coulaux, charge les émeutiers. Elle les repousse en direction du Jardin des Deux-Rives où sont réunis les manifestants pacifistes. Les lacrimogènes sont lancés indistinctement sur les 15 à 20 000 personnes rassemblées sur le champ de foire Dessaix. Les organisations politiques tentent de rassembler la foule sur la partie ouest du terrain et de faire sortir tout ce monde par une issue de cinq mètres de large. Panique.

14h10 : Quelques centaines de manifestants se retrouvent pris en étau pont d’Anvers. Ils ne rejoindront jamais le Jardin-des-Deux-Rives et ne pourront pas prendre part à la manifestation. Ils témoignent du désordre au sein des commandements de force de police, d’ordre contradictoire, d’une voiture de police qui fonce dans la foule. Une partie d’entre eux finira par rejoindre la pont du Danube pour un blocage pacifique improvisé.

14h05 : un second groupe d’émeutiers s’en prend à l’Office du tourisme et à la pharmacie situé en face de l’hôtel Ibis. Début d’incendie.

14h : un groupe d’extrémistes s’en prend à l’hôtel Ibis, appartenant au groupe Accord, qui devait être rasé prochainement, dans le quartier du Port du Rhin. Ils défoncent les vitres et pénètrent à l’intérieur de l’établissement. Les habitants du quartier protestent en vain, les journalistes qui prennent des images sont menacés par les émeutiers. Selon la legal team, les émeutiers ont choisi ce symbole parce que « le groupe Accor collabore aux expulsions des sans-papiers. L’administrateur directeur général est membre du Siècle, du club Aspen (fréquenté par Nicolas Sarkozy) et siège au conseil exécutif du MEDEF. »

13h à 13h30 : face-à-face tendu et barricade enflammée au milieu du Pont de l’Europe entre les policiers anti-émeutes allemands et les manifestants à une centaine de mètres les uns des autres sur le pont. Les CRS bloquent la passerelle des Deux-Rives.

13h : début du meeting au Jardin des deux rives. Prennent la parole : Arielle Denis, Co-Présidente du Mouvement de la Paix, Francis Wurtz, Député européen, Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, Rainer Schmidt, J. Müller (Les Verts)... tous dénoncent le maintien de l’Otan. Marie-Georges Buffet (PCF), Pierre Laurent (PCF), Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche), Patrick Le Hyaric (directeur de l’Humanité), sont présents. Entre les prises de parole, différents groupes jouent de la musique. L’ambiance est détendue et festive. Au-dessus du lieu de rassemblement, des militants du Black Block (groupe issu des autonomes allemands) sont rassemblés. Ceux, interrogés, répondent le plus souvent : « je ne veux pas parler à la presse ». Un jeune, appartenant depuis peu au groupe, explique cependant « être là pour dénoncer l’Otan, les guerres qu’elle mène, et les violences qu’elle fait subir au population ». Il est convaincu qu’on ne peut « répondre à sa violence que par la violence ». Peu à peu, certains activistes de ce groupe s’en prennent à des caméras de surveillance

12h45 : arrivés au Pont de l’Europe, des manifestants constatent que des policiers allemands empêchent le passage du Rhin. La manifestation allemande est bloquée de l’autre côté du Rhin. Une partie des manifestants en noir côté français s’en prend au bâtiment des anciennes douanes. Sur les murs bientot en flamme, ils inscrivent « pas de papier », « tremblez, capitalistes » et « guerre sociale ».

INCIDENTS SUR LE PONT VAUBAN

12h30 : les premiers manifestants arrivent sur le lieu de rassemblement (Jardin des Deux rives)

12h45 : Les manifestants rejoignent le Jardin des Deux-Rives, point de départ de la manifestation officielle. Sur le chemin, les manifestants en noir et les jeunes de quartier mettent à sac la station essence Elf de la route du Rhin. Sur le panneaux de sens interdit, déplacé sous un grand panneaux publicitaire, il est inscrit « Brûlons le vieux monde ». Une voiture de la délégation étatsunienne a le malheur de se retrouver au milieu du cortège : elle est caillassée et les occupants sont bon pour une grande frayeur.

entre 12h15 et 12h30 : les CRS renoncent à charger et reculent rue de Nantes et rue du Havre de part et d’autre du p ont. Ils laissent passer les manifestants qui rejoignent le Jardin des deux rives. Les cagoulés couvrent le passage des manifestants, caillassent les policiers, montent des barricades enflammées, tentent de mettre le feu à un panneau publicitaire déroulant.

12h10 : en rangs serrés, les CRS semblent se préparer à charger les manifestants. Panique chez les manifestants. Début de feu dans les jardins familiaux du Rheinwoerth.

12h : les forces de l’ordre effectuent de nombreuses interpellations rapides de jeunes à hauteur du Pont Vauban. Côté manifestants, il y a plus de 3000 personnes amassées derrière le pont. La panique et la terreur règnent. Les troupes de combat détachent des pavés autobloquants et le mobilier urbain pour s’en servir comme armes et projectiles.

de 11h à 11h45 : jet de pierre contre tirs de gaz à hauteur du pont Vauban entre une centaine de manifestants et les forces de l’ordre. Côté manifestants, les équipes médicales sont débordées. Inquiétudes pour l’organisation de la manifestation de l’après-midi.

11h : à hauteur du pont Vauban, près du Jardin des deux rives, un manifestant tente d’enlever un barbelé. Les forces de l’ordre ripostent immédiatement, et sans sommation, à coups de gaz lacrymogène.

10h30 : 2000 personnes quittent le Village, selon collectif anti-Otan, pour se rendre au point au point de départ de la manifestation prévue l’après-midi, aux Jardon des deux rives.

9h30 : sur demande du préfet Jean-Marc Rebière, bus et tram ne circulent plus sur l’ensemble de l’agglomération. Tous les ponts au nord de Neudorf (Porte de l’Hôpital, Parc de l’Etoile, Churchill, Danube, Vauban) sont fermés.

9h15 : 500 à 600 personnes patientent au pont Vauban, épuisées, elles sont bloquées par les forces de l’ordre.

8h40 : les manifestants venus du sud sont toujours bloqués à Neudorf, au niveau du Pont Churchill. Des renforts de forces de l’ordre sont envoyés (canon à eau, etc). Les manifestants se dirigent plus à l’est, vers le Pont Vauban.

DEUX BLOCAGES AU CENTRE-VILLE ET A SCHILTIGHEIM, LE TROISIEME ARRETE A NEUDORF

10h : Deux blocages tiennent le coup (près de la place de la République et à Schiltigheim). Les cérémonies officielles du sommet de l’Otan sont retardées d’une heure.

8h15 : A Glacière (au croisement de la rue de la Glacière et de l’avenue Mendès-France), le blocage de quelque 200 personnes tient le coup. Les manifestants resteront au carrefour jusqu’à 12h30.

7h45 : Avenue de la Paix, les 250 Block Nato sont pris en étau et gazés, malgré les appels de Xavier Renou rappelant aux forces de police que l’action est pacifique. Ils finissent au carrefour entre l’avenue de la Paix et l’avenue des Vosges par un sit-in et y resteront jusqu’à 12h30.

7h30 : Les Block Nato venus du sud arrivent au nord de Neudorf, via la route du Polygone et l’avenue Jean-Jaurès. Le groupe a été rejoint par d’autres manifestants ayant emprunté d’autres voies. Ils sont 500 au Pont Churchill, mais la police fait barrage sur tous les ponts.

7h20 : la coordination annonce que 2000 personnes sont en route pour les blocages du centre-ville et la manifestation du Jardin-des-Deux-Rives.

7h : Un second point de blocage de 150 à 200 personnes s’organise à Futura Glacière, à Schiltigheim, au nord de Strasbourg.

6h - 6h30 : 250 personnes devant le palais universitaire s’apprête à participer à une action de blocage au centre-ville (près de la place de la République). Les compagnies mobiles lancent des gaz alors que les manifestants s’avancent vers la Gallia. Un journaliste allemand se sent mal, éprouve des problèmes cardiaques. Une équipe le prend en charge et appelle un médecin. Les manifestants avancent vers la place de la République et sont une nouvelle fois gazés.

5h40 : Les bloqueurs sont attaqués par les forces de police au niveau du stade de la Meinau. Un participant indique qu’une jeune femme est blessée au visage, sans doute au moment d’un passage de barbelés en pleine nuit.

4h du matin : une centaine de Block Nato quitte le campementde la Ganzau et se dirigent par petits groupes vers le centre-ville pour participer à des actions pacifiques de blocage. Ils mettront quatre heures à atteindre Neudorf et l’Ill en raison du dispositif policier.

Vendredi : la coordination de quatre associations de désobéissance civile appelle à un lieu de rassemblement samedi matin à 6h devant le palais universitaire de Strasbourg. Les délégués recommandent aux participants de trouver un hébergement le soir au centre-ville. Pour ceux qui n’ont pas trouvé de solution, deux départs sont prévus dans la nuit depuis le village au sud de Strasbourg (Ganzau).