Anders Fogh Rasmussen, un partisan de la guerre en Irak à la tête de l’Alliance

samedi 4 avril 2009 | 19:34 | l’Humanité

L’actuel chef du gouvernement danois qui devrait prendre ses nouvelles fonctions en août prochain, est sans doute l’un des dirigeants européens les plus à droite.

La désignation d’Anders Fogh Rasmussen, il y a quelques heures, comme nouveau secrétaire général de L’OTAN est très lourde de signification. L’actuel chef du gouvernement danois qui devrait prendre ses nouvelles fonctions en août prochain, est sans doute l’un des dirigeants européens les plus à droite. Chef du parti libéral danois, Venstreet, il est arrivé au pouvoir fin 2001 à la tête d’une coalition avec le parti conservateur et le soutien de l’extrême droite ouvertement xénophobe de Pia Kiaersgaard. Il a été ainsi le premier dirigeant européen après le conservateur autrichien Wolfgang Schüssel, à passer un accord avec l’extrême droite pour gouverner. Depuis lors le parti populaire (Dansk Folkparti) de Kiaersgaard, n’a fait que croître et prospéré sur le flan du gouvernement. Lequel a pris depuis huit ans des mesures très restrictives contre l’immigration, rendant la vie impossible aux ressortissants de pays n’appartenant pas à l’espace européen et en particuliers aux demandeurs d’asile. D’où les tensions que sa désignation a suscité du côté de la Turquie. Ankara faisant de la résistance jusqu’au bout - en échange de quelle contrepartie ? – pour contester cette décision. La délégation turque a longtemps pointé, par exemple, le climat d’hostilité régnant au Danemark à l’égard des musulmans qui s’est illustré à travers l’épisode des trop fameuses caricatures de Mahomet. Un climat entretenu par l’extrême droite avec d’autant plus de succès que les souffrances populaires s’aggravaient sous l’effet des réformes néo-libérales du pouvoir. Car Rasmussen est aussi l’un des fers de lance de l’euro-libéralisme. Il a taillé singulièrement dans l’Etat providence danois, jadis l’un des plus développé d’Europe et a fait la promotion du modèle dit de flexicurité qui a contribué à accentuer l’exploitation des salariés dans toute l’UE. Enfin et surtout Rasmussen fut , en Europe, l’un des hommes liges d’un certain George W. Bush. Il a soutenu très fortement sa guerre en Irak dépêchant promptement des troupes danoises entre le Tigre et l’Euphrate à la rescousse de l’Oncle Sam. « La page irakienne est tournée » affirmait Jean David Lévite l’un des sherpas de Nicolas Sarkozy avant les deux sommets du G 20 et de l’OTAN. Assurément. Mais dans quel sens ?