Voix sans issue au Port-du-Rhin

dimanche 5 avril 2009 | 16:00 | Joséphine de Boisséson

Inadapté et dangereux, le dispositif sécuritaire mis en place par les autorités a contribué à la multiplication des violences et a empêché la manifestation contre l’Otan de se dérouler dans de bonnes conditions.

Le parcours officiel tel qu’il avait été négocié par le collectif anti-Otan avec la préfecture prévoyait un départ samedi 4 avril à 13h du Jardin des Deux-Rives (champ de foire Desaix), puis un passage dans le quartier du Port-du-Rhin, la rue du Port du Rhin, la route du Petit-Rhin, le pont Vauban, la rue du Havre, la rue du Rhin-Napoléon, pour un retour au Jardin-des-Deux-Rives. Ce parcours quoique contesté était celui retenu par la majorité des participants à la manifestation de samedi.

En réalité, la police a bloqué samedi tous les ponts (Anvers, Vauban, voies de chemin de fer de la Musau) jusqu’au départ des chefs d’Etat de Strasbourg vers 18h, transformant la zone frontalière d’où partait la manifestation en une île d’où les 15 à 20 000 manifestants ne pourront s’échapper pendant quelques heures. Parmi ces manifestants, de nombreuses personnes âgées, des familles, des organisations politiques et syndicales, des jeunes de toute l’Europe, sous le soleil pendant des heures, en panique sur la route, soumis, d’un côté, à des ordres contradictoires, des gaz lacrymogènes et des tirs de canons à eau et, de l’autre, à des affrontements entre émeutiers et forces de l’ordre autour du pont de l’Europe et du quartier du Port-du-Rhin.

Parmi les manifestants et les riverains, le jour-même et le lendemain, c’est le sentiment de colère qui prédomine.