« Ils nous empêchent d’aller à la manif »

dimanche 5 avril 2009 | 16:10 | Joséphine de Boisséson

Un groupe d’une centaine d’activistes pacifistes de Block Nato (désobéissance civile) sont partis samedi du village autogéré de la Ganzau vers 4h du matin samedi. Ils ont mis près de quatre heures pour atteindre la périphérie sud de Strasbourg, en raison des barrages policiers et des attaques aux gaz lacrymogènes. Rejoints par des centaines de manifestants, ils se sont heurtés à des barrages policiers sur chacun des ponts et se sont effondrés devant le pont Vauban où les heures passant, près de 3000 personnes les ont rejoints. « Ils nous empêchent d’aller à la manif », enrage une manifestante, la cinquantaine. Face à ce qu’ils considéraient comme une provocation, les cagoulés très remontés ont répondu aux lacrymogènes des policiers par des feux, des pierres et des cocktails molotov. L’accès au pont n’a été rouvert qu’à 12h30, juste avant le début de la manifestation.

Un peu plus tard, quelques centaines de manifestants se sont retrouvés pris en étau sur le pont d’Anvers à quelques kilomètres du point de départ de la manifestation. « On voyait bien que les compagnies de CRS et de gendarmes mobiles ne se comprenaient pas. Ils avaient ordre d’évacuer le pont mais ils avançaient des deux côtés et on s’est retrouvés tassés les uns sur les autres, les bras levés en criant. Le chef est alors sortie du camion pour discuter avec le chef en face », raconte un manifestant. Ils ne rejoindront jamais la manifestation. Une partie d’entre eux s’installera sur le pont du Danube pour une action de blocage improvisée.

De l’autre côté du Rhin, même topo. Les manifestants allemands n’ont jamais pu rejoindre la manifestation anti-Otan côté français, en dépit des accords passés avec les autorités. Les manifestants resteront sur l’autre rive à regarder le poste de douane flamber, de l’autre côté du pont de l’Europe.