Contrôles « appuyés » aux abords du village

mercredi 1er avril 2009 | 10:32 | Joséphine de Boisséson

Vers 22 heures, mardi 31 mars, la police lance, selon le collectif anti-OTAN, « des bombes aveuglantes et assourdissantes » sur les occupants du village. Selon les mêmes sources, l’événement a débuté par un contrôle de police « appuyé » et « illégal ». L’équipe de sécurité du village donne l’alerte. Les villageois interrompent leur assemblée générale pour venir à leur secours. C’est alors que les policiers, « encore une fois des BAC (…) qui ont débarqué en nombre avec sirènes hurlantes », se replient, non sans lancer leurs engins explosifs. Depuis quelques jours, les villageois se plaignaient de contrôles abusifs aux abords du village en contradiction avec « les engagements pris durant les négociations avec la préfecture ».

2h40, toujours dans la nuit de mardi à mercredi, un Strasbourgeois qui circulait à vélo raconte à la legal team le contrôle, mené par « une dizaine de policiers en civil », qu’il a subi aux abords du village des anti-Otan, avec deux autres cyclistes qui le précédaient. Passons sur le récit qu’il fait des deux premiers contrôles. La troisième personne est allemande. Le témoin raconte : « Il ne parle pas français. Durant le contrôle d’identité, deux policiers commencent à lui poser des questions : “T’es écolo, toi, non ? - On dirait bien un écolo !” Un agent qui s’occupait de moi lui donne la réplique : “ C’est un alcolo, tu veux dire !” Les policiers rigolent. “Bah, ça va, les écolos, c’est des pacifistes, pas de danger... - Par contre faudrait se couper les cheveux !” , lui adresse l’un des agents en mimant le geste du coiffeur, au son de “coupe, coupe”. “C’est comme l’autre de tout à l’heure, avec ces dread locks, faudrait tout couper, y en a beaucoup des comme ça dans le coin.” L’Allemand comprend, il répond : “Pas de problème avec mes cheveux”.

Retrouvez les photos de Christian Creutz sur le blog Otan Nato Strasbourg 2009. Ces photos sont sous licence Creative Commons (by-nc-nd).