À la fac de Strasbourg, on veut « des militants plutôt que des militaires »

jeudi 26 mars 2009 | 18:00 | Joséphine de Boisséson

Tensions persistantes à l’université, qui devait être évacuée aujourd’hui en prévision du sommet de l’OTAN, la semaine prochaine.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, alertés par des bruits en provenance d’une aile du bâtiment du patio (fac de lettres) qu’ils occupent à l’université de Strasbourg, des étudiants, accompagnés par les agents chargés de maintenir la sécurité sur les lieux, constatent que le bureau de la vie étudiante a été saccagé et des ordinateurs volés. Cette partie du bâtiment étant fermée à clef, les étudiants soupçonnent une intrusion par l’extérieur, suite aux affrontements, la veille, avec des « antibloqueurs » lors de l’occupation de la fac de droit.

Invoquant des motifs liés à la « sécurité » du site, le président de l’université de Strasbourg (UDS), Alain Beretz, fait fermer l’accès au patio. Personne ne rentre, personne ne sort : les grévistes dénoncent l’attitude de la présidence de l’UDS qui, « au lieu de tirer l’affaire au clair (…), instrumentalise l’incident afin de faire évacuer les grévistes de leur lieu d’occupation, par les forces de l’ordre au besoin. »

Car l’université doit fermer aujourd’hui en raison de la tenue du sommet de l’OTAN à Strasbourg la semaine prochaine. Or, en début de semaine, l’assemblée générale des étudiants avait décidé que les grévistes ne sortiraient pas « volontairement » de leurs lieux d’occupation, même s’ils prônaient une attitude pacifique, en cohérence avec la dénonciation des agissements belliqueux de l’OTAN.

Hier après-midi, lors de pourparlers avec une vingtaine d’étudiants, Alain Beretz reconnaissait toutefois que « si jamais il fallait faire évacuer le patio, c’est plus facile quand il y a peu de monde ». Le président fait finalement rouvrir l’accès au patio hier, vers 16 h 30, qui se remplit de quelque 500 personnes et accepte de ne pas faire évacuer l’université d’ici au lendemain par la police, « à la condition d’avoir un engagement écrit que les étudiants sortiront d’eux-mêmes ». La réponse des étudiants vient avec des hourras : « Nous ne partirons pas ». Sur les murs, à l’extérieur, est inscrit à la craie le numéro de la coordination anti-OTAN. À l’intérieur, un slogan : « Des militants plutôt que des militaires ».