15 000 sous la pluie pour « éteindre Le Pen »

jeudi 2 mai 2002 | 12:30 | Alain Peter

Record battu pour un 1er Mai à Strasbourg : plus de 15 000 manifestants ont bravé une pluie battante pour exprimer à la fois leur refus de l’extrême droite et la défense des revendications des salariés. De mémoire de Strasbourgeois on n’avait pas vu de manifestation aussi nombreuse depuis le grand défilé de mars 1997 à l’occasion du congrès du FN dans la capitale alsacienne. « Progrès social, démocratie, solidarité internationale », proclamait en début de cortège une banderole syndicale unitaire, malgré l’absence de FO. Les syndicats composaient environ la moitié du cortège, tandis que partis politiques et « société civile » fermaient la marche. En effet, pour certaines professions ou organisations, leur présence à une manifestation du 1er Mai était une première : université Marc-Bloch, syndicat des avocats, Confédération paysanne, associations chrétiennes, citoyens de tels villes ou villages, etc. · la différence des défilés organisés depuis le 21 avril par des lycéens et étudiants, les adultes et salariés représentaient cette fois la majorité des manifestants. Les partis politiques de gauche (PC, PS, Verts, LCR) étaient fortement représentés. De son côté, LO se faisait discrète, au point d’être moins présente que lors des 1er Mai traditionnels.

En fait, trois types de publics composaient la manifestation. D’une part, des salariés défendant des revendications purement syndicales : « C’est un 1er Mai, quel que soit le contexte politique. Je suis donc avant tout là pour défendre l’emploi dans mon entreprise, expliquait Jean-Loup, ouvrier chez Sollac, filiale d’Usinor. La politique, c’est dimanche prochain. » « Chirac, touche pas à mes 35 heures », « Augmentation des salaires », déclinaient d’autres délégations d’entreprise. D’autres manifestants combinaient les revendications syndicales et politiques en épinglant le programme économique et social de Le Pen. Mais la plupart des participants ont saisi l’occasion du 1er Mai pour protester contre l’extrême droite et défendre la république dans une ville où Le Pen talonnait Chirac au premier tour de la présidentielle avec respectivement 17 % et 18 % des voix. « Au royaume des aveugles, le borgne ne sera pas président », « Le Pen n’aura pas nos couleurs », disaient leurs pancartes.