Vers un blocage des gares, des péages et des rectorats

lundi 23 mars 2009 | 18:00 | Joséphine de Boisséson

Réunie hier, la Coordination nationale des universités lance un ultimatum au gouvernement. Nouvelle journée d’actions aujourd’hui.

À Valérie Pécresse qui demandait, hier matin, sur France 2, dans l’émission les Quatre Vérités que « des rattrapages (de cours) soient organisés » pour que les examens de fin d’année puissent se dérouler « dans de bonnes conditions », la Coordination nationale des universités (CNU), réunie hier à Strasbourg, a répondu par un pied de nez et un poing sur la table.

« Valérie Pécresse et Xavier Darcos sont les seuls responsables des retards dans l’organisation du semestre », déclarait, hier, David Romieux, porte-parole de la Coordination nationale des universités et personnel administratif, à l’université de Strasbourg. « On ne veut pas entrer dans le dilemme suivant : soit on sauve la promotion actuelle, soit on sauve toutes les promotions à venir. »

Dans son communiqué, publié en fin d’après-midi, la CNU exigeait, en préalable à toute discussion, le retrait de toutes les lois et décrets « faisant de l’enseignement supérieur et de la recherche un des laboratoires de sa politique destructrice de l’éducation nationale et de la fonction publique », et fustigeait « cette surdité » qui « fait porter l’entière responsabilité de la radicalisation du mouvement sur le gouvernement ».

De radicalisation, il en a été justement question, hier, à Strasbourg. La CNU a érigé la journée de mobilisation d’aujourd’hui (lire encadré) en ultimatum. « Si nous n’obtenons pas de réponse mardi soir du ministère, nous engagerons des actions « rectorats-péages-gares » dès mercredi », poursuit Michaël Gutnic, porte-parole de la CNU. À savoir, le blocage ponctuel des voies de chemin de fer, des gares, des péages d’autoroute et des entrées des rectorats, associé à de la distribution de tract et à l’organisation de « mini forums sociaux ».

À Strasbourg, les porte-parole de la CNU se disaient également préoccupés par les rumeurs d’intervention policière dès mercredi pour déloger les « bloqueurs » de l’université. Celle-ci doit en effet être fermée, mais à partir de vendredi seulement, en raison du sommet de l’OTAN, les 3 et 4 avril, à Strasbourg et à Baden-Baden (Allemagne). Les personnels devraient, en prévention, se joindre aux étudiants « bloqueurs ». Tous assurent que « la réponse des bloqueurs (sera) pacifique » même si « personne ne sortira volontairement » des bâtiments.

De son côté, la Coordination nationale des étudiants (CNE), réunie elle aussi ce week-end à Strasbourg, a « condamné et dénoncé fermement la fermeture arbitraire de l’université de Strasbourg » lors du sommet de l’OTAN. Elle a par ailleurs appelé à « participer massivement au contre-sommet du 1er au 4 avril pour protester contre les politiques impérialistes et militaires de l’OTAN ».