Triste anniversaire pour Vasile

samedi 2 septembre 2006 | 13:03 | Alain Peter

Roumain, bon élève, scolarisé depuis quatre ans en France, il a été débouté.

C’est un cadeau d’anniversaire dont Vasile Cotohan se serait bien passé : le 18 août dernier, la veille de ses dix-huit ans, la préfecture du Bas-Rhin l’informait que sa demande de régularisation au titre de la circulaire Sarkozy est rejetée. « Quelle déception, soupire le jeune roumain. La circulaire m’a donné de l’espoir. Je ne m’attendais pas à un refus ! »

Le père de Vasile avait déposé un dossier à la préfecture pour le compte de son fils, certain qu’il satisfaisait aux six critères réclamés par la circulaire. Arrivé en France en 2002 avec sa mère grâce à un visa de tourisme, Vasile est scolarisé depuis quatre ans, parle très bien le français et dispose d’excellents bulletins scolaires. Il n’est jamais retourné en Roumanie où il n’a plus de famille. Des conditions que remplit aussi sa soeur cadette, Lavinia, âgée de quinze ans.

Dans son courrier à la famille, le préfet ne conteste pas ces faits. Mais il rappelle que le père de Vasile, arrivé en France en 2000, « a fait l’objet d’une invitation à quitter le territoire français ». Or, admettre la régularisation pour Vasile et sa soeur impliquerait aussi celle de ses parents. Par ailleurs, le préfet affirme que le père « n’établit pas que ses enfants mineurs sont dans l’impossibilité de poursuivre leur scolarité en Roumanie ». Cet argument fait bondir Vasile : « Mais c’est en France que j’ai suivi mon éducation depuis quatre ans, c’est encore plus vrai pour ma soeur. Si je vais en Roumanie, c’est comme si tout était perdu ! »

Devenu majeur, Vasile doit à présent mener son combat à titre personnel. Toujours soutenu par l’association Thémis, il a introduit un recours au tribunal administratif grâce à l’avocate Anne-Barbara Wurtz. À quelques jours de la rentrée, il ne sait toujours pas de quoi sera fait son avenir. « Je n’ai pas de rêves pour l’instant, sauf d’avoir mes papiers, glisse-t-il. J’ai l’impression qu’on ne veut pas de moi dans ce pays. C’est triste de ne pas pouvoir rester dans un pays dans lequel on a envie de continuer sa vie… » En attendant la rentrée, Vasile se fait petit. « Je reste à la maison et regarde la télé, je fais un tour en vélo mais pas trop loin, car on ne sait jamais s’il y a un contrôle de police. »