Petroplus souhaite se débarrasser de Reichstett

samedi 17 avril 2010 | 20:25 | Alain Peter

La plus petite des 12 raffineries françaises est-elle la prochaine sur la liste des fermetures ? Rachetée à Shell en 2007 par le groupe suisse Petroplus, lui-même contrôlé par le fonds d’investissement américain Carlyle, la raffinerie de Reichstett est à vendre à peine deux années plus tard. Le 1er avril dernier, le groupe a annoncé que « sur la base des besoins d’investissements futurs en capital sur le site » il envisage de céder la raffinerie de Reichstett qui « traverse actuellement une phase très difficile en terme de rentabilité » selon Claude Philipponneau, président de Petroplus France. Petroplus avait acquis la raffinerie de Reichstett pour 785 millions de dollars en même temps que celle de Petit Couronne, en Seine-Maritime. Les Suisses espéraient à l’époque que les deux sites « contribueront à l’expansion de notre système de raffinage ». Depuis 1997, Petroplus a acheté 7 sites et est devenu l’un des principaux raffineurs en Europe. En 2006 et 2007, le groupe a investi pour augmenter ses capacités de production. Changement d’orientation en 2009 : le groupe met à l’arrêt sa raffinerie de Teesside, en Grande-Bretagne. Il l’a transforme en entrepôt après avoir essayé en vain de la revendre. La chute de rentabilité explique ce revirement. Alors qu’en 2008, Petroplus claironnait encore 620 millions de dollars de bénéfice net, en 2009 ses pertes s’élèvent à 260 millions de dollars. En 2009, le chiffre d’affaires a diminué de 39%. La mise en œuvre de ce changement de stratégie correspond à l’arrivée au poste de directeur général du groupe de Jean-Paul Vettier, en septembre 2009. Celui-ci était de 1993 à 2006 directeur général de la division raffinage et marketing de… Total. Située à quelques kilomètres au nord de Strasbourg, la raffinerie de Reichstett emploie environ 260 personnes auxquelles s’ajoutent une centaine de sous-traitants permanents. Elle est spécialisée dans la distillation de brut. Son activité a été perturbée fin 2009 par un accident sur le pipeline qui l’approvisionne en pétrole depuis Fos-sur-Mer. L’annonce de Petroplus surprend alors que le site alsacien achève une révision quinquennale et que des millions d’euros d’investissements sont prévus pour 2010. De plus, le président de Petroplus, Thomas O‘Malley a estimé lors de la présentation des résultats 2009 du groupe, le 4 février dernier, que « le quatrième trimestre 2009 représente, je crois, le point le plus bas pour les marges d’exploitation européennes dans le raffinage. Nous voyons des signes clairs de redressement économique dans le bassin atlantique, ce qui entraîne une amélioration dans la consommation ». Il a aussi déclaré que le groupe envisage d’acheter des raffineries aux Etats-Unis. De leur côté, les représentants du personnel ont déclenché le droit d’alerte et veulent mandater un expert pour étudier « la rentabilité du site et proposer les investissements incontournables à faire pour pérenniser l’activité ».