Nicolas Sarkozy met l’habit nucléaire

vendredi 10 février 2012 | 21:29 | Alain Peter

En Alsace, le président de la République prononce un vigoureux plaidoyer pour le nucléaire

Quoi de mieux pour défendre un terrible bilan économique que de s’appuyer sur une filière maitrisée de bout en bout par l’Etat ? Devant des centaines d’employés de la centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin, le président de la République s’est lancé jeudi dans une illustration des atouts de l’énergie nucléaire. Sûreté, indépendance nationale, emplois, environnement : tout y est passé. Mais dans un discours qui sentait la précampagne électorale, sa cible principale était François Hollande qui envisage de fermer Fessenheim et est accusé de vouloir « glaner sur le tapis vert quelques voix ». Ici, pas besoin d’amener des militants de l’UMP pour faire la claque. Les quelque 900 employés étaient conquis d’avance. Et ravis d’entendre qu’« on ne la fermera pas cette centrale, il n’en est pas question. Pourquoi la fermerait-on pour des raisons politiciennes ? ». Ils ont même ovationné le président lorsqu’il a fait semblant de se mettre à leur place, blessés que leurs emplois soient menacés par ceux qui veulent la fermeture de la centrale. « Vouloir fermer Fessenheim, c’est un scandale car c’est sacrifier vos emplois et la vie économique de toute une région », a-t-il affirmé. Nicolas Sarkozy s’est aussi engagé à suivre « intégralement » les recommandations de l’Autorité de sureté nucléaire qui demande 10 milliards d’investissement dans le parc de centrales. Enfin, il s’est prononcé pour la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires au-delà de 40 ans. Selon lui, en cas de fermeture de Fessenheim, « il faudrait débourser 400 millions d’euros supplémentaires pour acheter sur le marché européen l’électricité que nous ne serions plus en capacité de produire ».